Panamá

Le départ

Journal de bord: Panamá-Marquises

Après avoir déniché son premier lift dans le port de Panamá, Guillaume monte à bord d’un catamaran de 62 pi en compagnie des cinq autres membres de l’équipage. Il se prépare à partir pour une traversée de 30 jours vers sa première destination : les iles Marquises, où il visitera des fermes expérimentales puis des aires marines protégées et entretenues par les communautés locales. Mais d’abord, voici comment toute cette aventure a commencé :

11 avril 2017, Panamá

« Après quelques jours à Panamá, une vitre de voiture brisée et une crevaison, je suis toujours à la recherche d’un bateau. Il y a une marina assez reculée sur la rive atlantique du nom de Shelter Bay, où la plupart des voiliers et des pirates attendent de pouvoir traverser le canal  ce qui peut prendre une semaine ou deux à ce temps-ci de l’année, en haute saison. Il n’y a pas grand-chose à voir là-bas, sauf peut-être quelques chambres d’hôtel, des épaves abandonnées et un restaurant où l’équipage des navires tue le temps, ce qui en fait l’endroit idéal pour trouver quelqu’un qui voudra bien me laisser monter à bord de son navire (voir mes conseils ci-dessous).

On m’a parlé d’une bande de hippies sympathiques qui travaillent sur un bateau baptisé l’Orfin. Je décide d’aller les rencontrer. Quand j’arrive, il est tard et c’est à peine si j’ai le temps de me présenter. Le lendemain, ils m’invitent à souper. Je leur donne un coup de main pour rafistoler le mât. En discutant avec eux, je réalise qu’ils ont tous une feuille de route en matière de projets sociaux alternatifs. Ils ont entre autres aidé les tribus de Vanuatu à implanter des systèmes de permaculture. Je prends des notes pour la prochaine étape de mon périple. »

12 avril, Panamá

Guillaume a finalement déniché l’esquif parfait pour sa première expédition : un catamaran qui doit être livré à ses propriétaires en Polynésie française.

Nous lui avons parlé la veille de son départ vers les iles Marquises :

Petit manuel

Petit manuel pour « faire du pouce » sur le canal de Panamá

Avant chaque départ, Guillaume partagera certaines des leçons qu’il aura apprises lors de ses aventures en haute mer. En guise de premier chapitre, voici des conseils de base pour trouver un lift sur le canal de Panamá.

Choisir un bon moment

Vous devez d’abord savoir que trouver un lift n’est pas aussi difficile que c’en a l’air. Moyennant un peu d’efforts, un bon sens dtiming et une certaine souplesse, vous devriez arriver à trouver des options intéressantes. Au début du printemps, une foule de voiliers traversent le canal de Panamá après avoir passé l’hiver dans les Caraïbes. Avant la saison des ouragans, il y a ensuite une fenêtre de deux à trois mois pendant laquelle la plupart des bateaux quittent le Panamá pour mettre le cap sur la Polynésie française. Ces navires feront généralement escale aux iles Galápagos ou à l’ile de Pâques.

Trouver des bateaux

Il existe quelques sites web — comme Crew Seekers, Crew Bay et Find a Crew  qui peuvent vous aider à vous joindre à un équipage, mais sachez que la plupart des navires donneront la priorité aux candidats locaux. Il y a plus d’un endroit où vous pouvez trouver des bateaux au Panamá. Du côté du Pacifique, la Flamenco Marina et le Balboa Yacht Club abritent beaucoup de voiliers, mais bon nombre sont ancrés. Du côté atlantique (à une heure et demie de Panamá City), concentrez vos efforts sur la marina de Shelter Bay. Vous y trouverez notamment un grand restaurant où les gens se rencontrent et se rassemblent. Vous pouvez aussi consulter les annonces sur les babillards. Bien que la majorité des capitaines préfèrent embarquer des membres d’équipage expérimentés et qualifiés, plusieurs seront ravis d’accueillir quelqu’un qui est en forme et qui a une bonne attitude. Savoir se débrouiller en cuisine peut aussi être considéré comme un atout!

Le voyage

À partir du Panamá, il faut compter de 30 à 40 jours pour rejoindre les iles Marquises sur un voilier standard  dépendamment du vent  et de 20 à 30 jours sur une embarcation de plus haute performance ou un catamaran. Il faut prévoir une autre semaine pour se rendre aux iles Galápagos, et deux à trois semaines pour atteindre l’ile de Pâques, selon votre type de bateau, votre itinéraire et les vents. La plupart des bateaux qui arrivent du Panamá vont droit aux Marquises, où ils passeront quelque temps à l’ancre avant de mettre le cap sur Tahiti, où ils séjourneront plus longtemps.

La traversée

À partir du canal

17 avril, 1.60616n -85.9132w

« La partie la plus épique de ma traversée du canal de Panamá? Je dirais le moment où on a été arrimés à un voilier qui comptait des poules en liberté parmi les membres de son équipage. Quoique naviguer à côté d’un cargo de plus d’un million de tonnes ait aussi été un tout petit peu impressionnant.

La traversée prend généralement deux jours, mais nous avons réussi à la faire en une seule journée. Nous nous sommes levés à 3 h du matin et nous sommes partis de la rive atlantique pour ensuite nous diriger vers le Pacifique. Puisque nous étions sur un catamaran de 62 pi, deux bateaux plus petits ont été attachés de chaque côté, et notre flotte a à son tour été amarrée à un cargo en provenance du Libéria, le Sea Trade Blue (qui aurait très bien pu nous écraser entre les parois du canal au moindre manque de vigilance de notre part).

En traversant les passages les plus étroits, nous avons dû exécuter des manœuvres assez délicates. Notre bateau s’en est tiré avec quelques blessures (ce qui semble être chose courante apparemment), mais dans l’ensemble, notre traversée s’est plutôt bien passée. J’ai donc eu amplement le temps de discuter avec les Français du « bateau-poulailler », baptisé l’Ekolibri.

C’est comme ça que j’ai appris qu’ils étaient en train de réaliser un tour du monde en mode zéro déchet dans le cadre d’un projet intitulé Sailing for Changeet qu’ils étaient en quête de causes sociales et environnementales à étudier et à partager en cours de route.

Après avoir passé quelques jours à retaper et à préparer l’Indigo, nous voici prêts à lever l’ancre. Demain matin, nous partirons pour un long périple à travers l’océan. »

Cap sur le sud

21 avril, 1.60616n -85.9132w

« Nous naviguons maintenant vers le sud en direction des iles Galápagos — où nous ne ferons malheureusement pas escale — et nous nous apprêtons à traverser l’équateur. Nous avons eu un départ difficile il y a quelques jours : nous avons été retardés pendant des heures par des problèmes électriques et des pépins à cause du moteur, puis un orage a éclaté. Le vent a été très imprévisible et n’a pas tellement joué en notre faveur jusqu’ici, mais nous progressons lentement. En plus des dauphins, des requins, des tortues et des baleines qui ont croisé notre route ici et là, nous avons aussi accueilli un nouvel ami à bord. Ce grand oiseau que nous avons surnommé Sergei se la coule douce sur les cordages. Le capitaine dit que c’est probablement un fou de Bassan. Il a l’air d’un vieux Russe bourru. Il est quand même plutôt sociable et nous a laissé nous approcher pour faire un brin de jasette. »

L’équipage

Guillaume voyage avec cinq autres membres d’équipage : le capitaine (James, 35 ans) et sa femme (Catherine, 31 ans), tous deux Anglais, qui s’occupent du bateau depuis quatre ans; un autre couple, Tessa et Emile (25 et 23 ans), respectivement physiothérapeute et marin de formation; et enfin Emily, une Américaine de 24 ans qui traverse le Pacifique « sur le pouce » tout comme Guillaume pour se rendre en Nouvelle-Zélande.

Catherine
Emile
Emily
James
Tessa

Le 30 avril, nous avons pris des nouvelles de Guillaume pour savoir comment se passait son quotidien sur le bateau. La connexion laissait à désirer, mais voici ce qu’il avait à nous dire :

« Nous sommes à mi-chemin entre le Panamá et les Marquises. Nous naviguons en haute mer depuis maintenant plus ou moins deux semaines. J’ai eu beaucoup de chance de tomber sur cette équipe. Le capitaine est un vrai bouteentrain. Tout le monde est super gentil. Je suis responsable de deux vigies, qui consistent essentiellement à rester sur le pont, à avoir l’œil sur ce qui se passe autour et à ajuster les voiles selon le vent. Je fais la vigie de 2 h à 6 h du matin, et celle de 14 h à 18 h. Je dors donc généralement deux fois par jour, à raison de quelques heures pendant la nuit et de quelques heures le matin. Le reste du temps, je nettoie ou je cuisine. J’écoute aussi des livres audios en admirant le paysage! En ce moment, le ciel est bleu et le vent est calme. Nous avançons à une vitesse d’environ huit nœuds (14,8 kph / 9,2 mi / h), ce qui est très respectable. À ce rythme-là, nous devrions arriver d’ici 10 à 12 jours. »

Guillaume a atteint Tahuata dans les Marquises à la mi-mai.

La suite de son aventure suivra bientôt…

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