L’Outaouais à vélo, au resto et à la ferme | BESIDE

L’Outaouais à vélo, au resto et à la ferme

Un itinéraire gourmand — jamais trop loin du plein air — tracé au rythme des rencontres spontanées de la rédactrice et photographe Catherine Bernier.

Texte et photos—Catherine Bernier

À mon humble avis, la découverte d’une région s’opère d’abord par les sens et les rencontres qu’on y fait. Rien ne vaut les échanges avec ceux et celles qui cohabitent avec le territoire, le cultivent, le transforment et le parcourent à vélo, à pied ou à la nage. Ayant grandi dans l’Est du Québec — et habitant à présent dans les Maritimes —, je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de visiter l’Outaouais. Aujourd’hui, j’explore ses richesses à travers le savoir-faire et le savoir-être d’entrepreneur·e·s de Chelsea, de Gatineau et de Wakefield.

– Chelsea –

À la rencontre d’un barista, d’un guide de plein air, d’une aubergiste et d’une fabricante de crème glacée artisanale.

Bordée par la rivière Gatineau, la municipalité de Chelsea abrite la porte d’entrée du parc de la Gatineau et quelques petits commerces qui complètent l’offre touristique du lieu, dont le Café Palmier, situé juste en face.

Pour souligner ma première visite, Emmett Pavey, copropriétaire du café buvette, m’offre un irrésistible flat white, qu’il reprend deux fois, insatisfait de son art latté. Le barista en chef ne fait pas de compromis lorsqu’il est question de café, et ça se goute! Il n’a d’ailleurs pas hésité à parcourir l’Est du Canada pour trouver des torréfacteurs en qui il peut avoir confiance. Son associée, Lauren Power, assure le même rendement en termes d’expériences brunch, dinette et provisions. (À noter qu’elle est aussi propriétaire de Red Door Provisions, un café-boulangerie à Ottawa.)

Café Palmier
Café Palmier

Inspiré des principes de la construction passive, le bâtiment laisse généreusement entrer la lumière du matin. Des cyclistes prennent le déjeuner sur la grande terrasse enveloppée d’arbres alors que des travailleur·euse·s nomades sirotent un breuvage au deuxième étage. D’autres encore s’arrêtent pour acheter une ou deux bouteilles de vin nature. Au menu, des sandwichs déjeuner et des toasts au pain challah recouverts de légumes provenant de fermes locales me font de l’œil; je penche finalement pour un yaourt aux bananes brulées, granola maison et confiture aux petits fruits de saison. Je m’assois à l’extérieur pour déguster mon repas, carte des sentiers du parc de la Gatineau à la main.

Perdue devant les possibilités de parcours, je me rends à pied au stand des Nomades du Parc. Sur place, je rencontre le dynamique Jacob Saumur-Gouin, copropriétaire du centre de location d’équipements de plein air, avec son associé, Vincent Bergeron. La mission derrière ce projet: créer un lieu de rencontre pour la communauté grandissante d’adeptes d’activités extérieures. «Chaque fois que je visitais une région de villégiature au Québec, il y avait toujours un QG pour s’informer, se ravitailler et se rencontrer. Mais en Outaouais, on n’en avait pas! Pourtant, Chelsea est située à 15 minutes du centre-ville de Gatineau, en bordure d’une rivière et de nombreux lacs, et à côté d’un parc de conservation de plus de 361 kilomètres carrés», souligne Jacob. 

Nomades du Parc
Jacob Saumur-Gouin

Depuis l’ouverture du centre, il y a trois ans, le duo a créé différents évènements pour répondre aux besoins de la communauté — dont le populaire Après-Parc. Tous les jeudis, à 17h30, une sortie de groupe inclusive en vélo de montagne, de route ou de gravier, de course en sentier ou à la nage est organisée, suivie d’un apéro avec les produits hyperlocaux de la microbrasserie Chelsey & Co.

Jacob me suggère plusieurs itinéraires, mais avec le temps qu’il me reste, on en conclut qu’une baignade au lac Meech, via la plage O’Brien, et un arrêt au belvédère Champlain me permettront de contempler certains points clés du parc. Il m’encourage toutefois fortement à revenir pour une sortie de groupe, question de rencontrer la communauté. Invitation acceptée!

lac Meech

À l’heure de pointe, je me ravitaille avec une pizza sur le feu chez Biscotti & cie. Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir eu l’idée: au deuxième étage, un jeune couple joue au Scrabble en attendant son repas, alors qu’au rez-de-chaussée, un autre duo discute de sa prochaine randonnée devant une carte. C’est les vacances!

Biscotti & cie
Biscotti & cie

J’en profite pour rencontrer Manuela Teixeira, propriétaire de l’établissement, des Lofts du Village, de La Maison Bleue, du Pub Chelsea, et bientôt d’une distillerie. En 2001, devant un Old Chelsea presque à l’abandon, la vision de la bâtisseuse était claire: restaurer le patrimoine pour en faire un point de ralliement au cœur du village, ainsi qu’un tremplin vers d’autres attraits de la région. Ce qu’elle a réussi avec brio, non sans défis. «Pour le café bistro, j’ai choisi de rénover le chalet centenaire qui tenait sur trois murs au lieu de le démolir, même si c’était plus couteux et plus laborieux. Pour la construction des lofts, je me suis battue pour préserver les arbres sur le site et j’ai planté l’inventaire entier d’une pépinière qui fermait ses portes. Le petit boisé derrière reflète bien mon style entrepreneurial: un écosystème très diversifié qui, somme toute, fonctionne en synergie!», me confie Manuela.

Lofts du Village
Manuela Teixeira

Je me dirige ensuite vers la crèmerie La Cigale, un autre commerce pionnier de l’Old Chelsea, pour aller à la rencontre de sa fondatrice. C’est après un voyage au Sénégal que la Torontoise Christine Kaarsberg est allée apprendre l’art des desserts glacés aux États-Unis. Vingt-trois années plus tard, La Cigale est l’endroit tout indiqué pour déguster des coupes et des sandwichs glacés, des popsicles, des sorbets et des laits frappés de toutes les saveurs. Je choisis deux parfums: mangue ainsi que fraise et basilic, que je déguste dans la cour arrière. Christine y a installé différentes aires de jeux pour la famille, et il fait bon y flâner. «La vie est tellement remplie et stressante; je souhaitais créer un lieu candide pour permettre aux gens de s’amuser et de se reposer», affirme-t-elle. Au détour de notre conversation, elle prend des nouvelles d’un ami — et client régulier. Sur ses genoux, son petit-fils déguste sa première crème glacée à vie. Le froid le fait grimacer, mais la satisfaction qu’il en tire est palpable, comme en témoignent ses petites mains collantes. Une nouvelle tradition vient de naitre.

Christine Kaarsberg, propiétaire de La Cigale.

Je termine ma journée au Nordik Spa-Nature, le plus grand spa en Amérique du Nord. Les aires thermales, piscines et pavillons y sont enveloppés d’une nature instantanément apaisante. Le centre s’articule principalement autour de la thermothérapie et des techniques de relaxation, mais propose aussi une expérience multisensorielle grâce aux rituels Aufguss — une pratique allemande ancestrale au cours de laquelle un Artisan des Rituels accentue les bouffées de vapeur à l’aide de mouvements chorégraphiés. Chaque Aufguss est unique. Les arômes, l’atmosphère, la durée, l’intensité, la musique et la chorégraphie varient considérablement.

Nordik Spa-Nature
Nordik Spa-Nature

Circuit à vélo proposé par les Nomades du Parc

Aventure dans le secteur du lac Philippe

 

Type: VĂ©lo sur gravier

Description: Départ du centre de location les Nomades du Parc (10 chemin Scott, Chelsea) pour un itinéraire de 57 km empruntant la Voie verte de Chelsea, qui longe la rivière Gatineau. Passage dans le magnifique sentier #50 menant au lac Philippe, où on vous recommande fortement la baignade, puis dans le sentier panoramique #53 en direction du village de Wakefield. Retour à Chelsea par la Voie verte.

 

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BESIDE Habitat Outaouais

Apprenez-en plus sur le territoire de notre deuxième destination, BESIDE Habitat Outaouais.

EN SAVOIR PLUS

– Gatineau –

À la rencontre d’un brasseur, d’une sommelière, d’un chef et d’un mixologue.

Quinze minutes séparent la villégiature de Chelsea du centre-ville de Gatineau, où je poursuis mon trajet épicurien. Située sur la rive nord de la rivière des Outaouais, face à Ottawa, la ville me surprend par son offre d’institutions gourmandes, jamais trop loin d’un accès à la rivière ou d’une entrée au parc de la Gatineau.

Sur la terrasse du pub À La Dérive, qui surplombe la rivière du secteur de Pointe-Gatineau, je prends un verre de Saison Lilas — une bière mielleuse — avec Sébastien Gandy, copropriétaire et responsable des communications et du tissu social. Son humour me met tout de suite à l’aise. Vous savez, le genre de personne que vous choisiriez en premier pour faire partie de votre équipe d’impro! Après une pandémie et de nombreuses inondations, le pub et la nouvelle brasserie sont toujours debout pour accueillir les Gatinois·es. «On souhaitait créer un lieu inclusif pour remonter le moral de la communauté, avec une programmation d’évènements culturels ponctuels: des soirées consacrées à la poésie, à la littérature, à la musique émergente et à la diffusion de l’art.»

Sébastien Gandy, copropriétaire et responsable des communications et du tissu social
Ă€ La DĂ©rive

Diplômé en arts visuels, Sébastien a choisi des couleurs pastel pour l’identité graphique du pub et des illustrations non genrées pour ses bières, afin de se dissocier de l’univers masculin des microbrasseries traditionnelles. «Faire les choses différemment, ce n’est pas facile, mais ça finit par fonctionner», me confie l’entrepreneur, aussi père de famille. Je repars avec mon lot de bières reflétant la diversité de la flore québécoise, dont une Brown Ale fabriquée avec du bois de chêne recueilli sur le terrain d’un ami de Sébastien, et que son équipe de brasseurs a fait rôtir pour lui donner une dimension terreuse et tanique. Ça promet!

Au cœur de son Gatineau natal, je rejoins Véronique Rivest — sommelière reconnue mondialement — chez Soif, son bar à vin. Une femme sans prétention, déterminée et généreuse de son savoir, loin du stéréotype de la sommelière snob. «Ce qui m’allume, ce sont les vins qui goutent le terroir d’où ils viennent, et ça, c’est seulement possible lorsqu’ils sont issus d’une agriculture saine.» Tous ceux qu’elle sélectionne répondent d’ailleurs à ce critère: les vigneron·ne·s qui les produisent essaient d’adopter les meilleures pratiques en retournant notamment à des modèles ancestraux de polyculture, où les vignes poussent à côté d’arbres fruitiers, de céréales ou d’un jardin maraicher, en biodynamie. «Le Québec est un bon exemple. Malgré son climat hyper marginal pour la viticulture, un nombre décent de vigneron·ne·s choisissent l’agriculture biologique régénérative et s’entraident pour y arriver. C’est super emballant de voir ça», constate Véronique.

 

Véronique Rivest, sommelière et propriétaire de Soif

Avec le vin, elle réalise son rêve d’être une étudiante toute sa vie. «Je fais de l’agriculture, de la géographie, de la géologie, de la chimie, de l’économie, du marketing et de l’histoire, en plus de rencontrer des gens exceptionnels partout dans le monde.» Sa soif d’apprendre et sa détermination l’ont poussée à décrocher de nombreux titres prestigieux, dont celui de la deuxième meilleure sommelière au monde, à Tokyo, en 2013. C’était la première fois qu’une femme montait sur le podium. Depuis, d’autres ont suivi ses traces. Une réalisation qui la rend fière et l’incite à soutenir l’éducation des sommelier·ère·s du Québec.

Un jeune sommelier de l’équipe Soif me sert un verre de vin orange de Saint-Germain-de-Kamouraska, une macération biologique de la ferme Le Raku, accompagné d’un pain au levain âgé de six ans et d’un beurre de jalapénos marinés. Un amalgame impeccable.

Alexandre Régimbal, mixologue chez Caméline.

Je poursuis mon pèlerinage chez Caméline, un nouveau restaurant de quartier qui, s’inspirant du purisme de la cuisine italienne, place les aliments du terroir québécois à l’avant-plan. Derrière les murs du bâtiment modeste, qui ressemble aux appartements voisins, je découvre un grand espace lumineux et un décor soigné. C’est le travail d’Audrey Labelle, copropriétaire et designer d’intérieur de profession. Des fleurs sauvages habillent les jolies tables en carrelage de couleur crème, où s’agencent les cocktails du mixologue Alexandre Régimbal et les plats du chef Simon Laroche. «L’idée derrière Caméline, c’est de changer la perception des gens quant aux aliments du Québec, qui sont boudés ou méconnus — et pourtant abordables —, en les apprêtant à leur juste valeur et en suivant la saisonnalité», mentionne Alexandre. Je m’installe sur la terrasse extérieure pour profiter des derniers rayons de la journée. Simon sort de la cuisine pour m’expliquer son menu, fruit de ses 15 années d’expérience et de sa curiosité pour les produits d’ici. «Je collabore avec différentes fermes de la région, qui me poussent à sortir des sentiers battus. Par exemple, la ferme Cinquième Saison m’approvisionne en fleurs comestibles et médicinales, et les chasseur·euse·s-cueilleur·euse·s d’Arôme du Nord, en ingrédients boréaux.»

Simon Laroche, Chef chez Caméline.

En guise d’entrée, je choisis une focaccia au romarin, au miel d’Anicet et beurre fouetté, ainsi qu’un plat éphémère aux pâtissons et zucchinis grillés, pois frais, noix de pin et stracciatella. Je poursuis avec des pâtes fraiches à l’encre de seiche: un spaghetti chitarra alle vongole où se côtoient palourdes, livèche et pangrattato. Je suis repue, mais on me propose un dessert aux cerises et à l’agastache, une fleur au gout anisé, que je ne peux refuser. Je roule jusqu’à la sortie, en me disant que la prochaine fois, je reviendrais accompagnée pour partager les généreuses portions de chez Caméline.

 

Circuit à vélo proposé par les Nomades du Parc

La célèbre boucle des promenades du parc de la Gatineau 

 

Type: VĂ©lo de route

Description: DĂ©part du centre de location les Nomades du Parc pour un itinĂ©raire d’environ 30 km prisĂ© par les cyclistes en quĂŞte d’un dĂ©fi tout en grimpe — dĂ©nivelĂ© positif de presque 500 m — et d’une vue spectaculaire. De fait, Ă  partir du belvĂ©dère Champlain, vous apercevrez la ligne de dĂ©marcation entre le Bouclier canadien et les basses-terres du Saint-Laurent. Une prĂ©cision que plusieurs cyclistes pourront apprĂ©cier: l’accès aux promenades du parc de la Gatineau est restreint pour les automobiles presque tous les jours pendant la saison estivale, sauf le mercredi et les fins de semaine Ă  partir de midi.

 

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– Wakefield –

À la rencontre d’une agricultrice.

Compris dans le territoire de La Pêche, dans Les Collines-de-l’Outaouais, le village de Wakefield abrite un petit centre-ville aussi orné de commerces gourmands. Ceux-ci font face à la voie verte, une route de gravier pour les cyclistes et les piétons, qui accueillait autrefois un train vapeur.

Avant de m’aventurer dans les paysages vernaculaires de la campagne de Wakefield, je m’arrête au Bluebarn Coffee Roasters, fondé par un groupe d’ami·e·s partageant la même passion pour le café équitable de spécialité. Je repars avec un café glacé, l’un des meilleurs que j’ai bus depuis des lunes.

Anne-Marie Laplante, propriétaire de la Ferme Thuya.

Je poursuis ma route en auto jusqu’à la Ferme Thuya, située dans le village de Low. Une fois arrivée — après 20 minutes à contempler la rivière des Outaouais —, j’entends un véhicule gronder: c’est Anne-Marie Laplante, qui vient à ma rencontre en VTT, entre deux corvées aux champs. La jeune propriétaire est seule pour s’occuper de son jardin maraicher, de sa volaille et de son bétail, mais ce n’est pas la vitalité qui manque! L’agriculture régénérative, c’est son projet de cœur, ce qui la nourrit depuis six ans. En retour, elle ravitaille la communauté avec ses produits et ses initiatives culinaires. «J’ai quitté le monde du graphisme pour mettre mon énergie là où elle prenait vie, au lieu de s’éteindre; et c’est dans les champs que j’ai trouvé mon naturel», me confie l’entrepreneure. Anne-Marie se déplace dans les marchés fermiers, les évènements estivaux et les festivals de musique de la région avec ses produits et son four à pizza — sa spécialité! Cet automne, avec un peu d’aide, elle sera en mesure d’accueillir des visiteur·euse·s à la ferme pour des soupers champêtres. Emballée, elle me montre la grange qu’elle aménagera pour l’occasion. Le potentiel est, en effet, immense.

Circuit à vélo proposé par les Nomades du Parc

Aller-retour Chelsea-Wakefield par la Voie verte de Chelsea

 

Type: VĂ©lo de route et de gravier

Description: DĂ©part du centre de location les Nomades du Parc pour un itinĂ©raire d’environ 50 km sur une route de poussière de roche très bien entretenue longeant la rivière Gatineau. Ă€ votre arrivĂ©e dans le bucolique village de Wakefield, nous vous conseillons une pause au quai public situĂ© sur le chemin Riverside, sans oublier un passage obligatoire sur le fameux pont rouge de Wakefield. Retour vers Chelsea par la Voie verte.

 

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***

Je quitte l’Outaouais inspirée par ses richesses humaines et naturelles, qui se nourrissent mutuellement. Et pourtant, je n’ai effleuré qu’une partie de ses attraits. C’est donc avec une liste de recommandations aussi longue que celle qui m’avait été proposée initialement que je repars. Apparemment, je dois visiter le Centre de villégiature du lac de l’Argile à Notre-Dame-de-la-Salette, la réserve faunique de Papineau-Labelle, le Parc régional du Poisson Blanc, le restaurant primé Les Fougères à Chelsea, les nouveaux sentiers aménagés pour le vélo de montagne au Centre Vorlage à Wakefield, la station de ski du Camp Fortune à Chelsea, et les rivières à la crue des eaux printanières pour le surf en eau douce. Je me promets de revenir avec plus de journées en banque — et un groupe d’ami·e·s avec qui partager toutes ces expériences.

Catherine Bernier est directrice de création, rédactrice et photographe indépendante, ainsi que cofondatrice du logis en bord de mer The Parcelles, destiné à accueillir des artistes en résidence, en Nouvelle-Écosse. L’influence de la nature et de la culture sur les trajectoires humaines demeure au cœur de ses intérêts.

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