La forêt au peuple

La falaise Saint-Jacques n’était qu’un boisé urbain abandonné situé à Montréal jusqu’à ce qu’une bande hétéroclite de bénévoles passionné·e·s décide de s’en occuper.

Texte—Mark Mann
Photos—Guillaume Simoneau

Si les mauvaises herbes et les plantes envahissantes de Montréal avaient un dieu, ce serait la falaise Saint-Jacques. Situé à une petite demi-heure de vélo à l’ouest du centre-ville, cet étroit escarpement boisé s’élève à la hauteur d’un immeuble de neuf étages et s’étire sur trois kilomètres le long de l’autoroute 20, absorbant la poussière et le vrombissement de la circulation. Trois-cent-mille personnes passent chaque jour devant la falaise en voiture, mais si vous les interrogez à son sujet, il y a de bonnes chances qu’elles affirment ne pas connaitre l’endroit.

Il y a quelque chose d’étrange dans le fait d’être à la fois vu et ignoré de cette façon. D’abord plantée en 1982 sur ce qui servait ponctuellement de dépotoir, cette forêt au relief accidenté n’a jamais été véritablement ni régulièrement entretenue par la Ville. Jusqu’à récemment, très peu de gens s’y aventuraient.

Mais il est des cas où l’indifférence porte ses fruits. Pendant que les regards étaient tournés ailleurs, la falaise s’est transformée en un écosystème aux allures de jungle de broussailles et de grands arbres où résonnent les chants d’oiseaux.

Tweet

Aujourd’hui, elle offre un refuge à une multitude d’animaux: renards et marmottes, surtout, mais aussi couleuvres brunes, une espèce menacée.

Il est facile de se laisser séduire par la falaise, immense et dense jardin secret. Depuis 2015, certain·e·s de ses admirateur·trice·s ont pris l’initiative de combler le vide laissé par la Municipalité et de prendre soin de la forêt. Des centaines de pneus et d’autres déchets ont été ramassés à la main, des sentiers ont été aménagés. Des citoyen·ne·s étudient la faune locale et remplissent régulièrement les mangeoires à oiseaux installées ici et là. Leur groupe s’est donné le nom «Sauvons la falaise».

À plusieurs égards, les membres de Sauvons la falaise ont réussi leur pari au-delà de toute espérance. La Ville et la province ont alloué des millions de dollars à la protection de la falaise et on prévoit de presque tripler la superficie des espaces verts environnants. L’objectif est d’en faire le cœur d’un immense réseau de bandes vertes permettant de parcourir la ville. Mais ces transformations soulèvent des questions: les plus ardent·e·s admirateur·trice·s de la forêt se demandent si cette oasis luxuriante continuera de leur offrir ce sentiment de liberté et de solidarité qui leur est si précieux. En d’autres mots, la question est de savoir si leur trésor n’est pas en train de leur échapper…

Quels pouvoirs voulons-nous?

Cet article est tiré de notre plus récent numéro.

Commander maintenant

Traverser de l’autre côté
____

Par une froide journée de février en 2015, la bibliothécaire Lisa Mintz retournait chez elle à pied quand elle a entendu des croassements provenant d’au-delà de la limite des arbres. Intriguée par le bruit, elle a décidé d’aller voir de quoi il s’agissait.

Pour les personnes non initiées, pénétrer sur le site relève de l’exploit. Cette section de la rue Saint-Jacques est bordée d’une longue rangée d’ateliers de réparation  automobile, de concessionnaires et de quincailleries. On aperçoit la forêt derrière les stationnements de ces commerces, mais pour y accéder, il faut passer une clôture métallique qui s’élève à la hauteur de la poitrine, puis descendre la pente abrupte de l’autre côté.

Lisa Mintz s’est donné pour mission de protéger la falaise Saint-Jacques.

Lisa Mintz, une ornithologue en herbe qui avait l’habitude d’apporter en promenade les vieilles jumelles de son grand-père, n’était toutefois pas du genre à se laisser décourager. Après avoir tâtonné un peu, elle a fini par trouver une ouverture. Elle a franchi la clôture et s’est engagée dans les épais buissons de ronces.

La nuit tombait quand elle a entamé la descente. En avançant péniblement dans la neige, elle s’est vite rendu compte qu’elle aurait du mal à remonter. La forêt lui semblait sauvage et déserte; elle a commencé à avoir peur. «Est-ce que je risque de me perdre?» s’est-elle demandé. Finalement, une fois sortie des broussailles, elle est tombée sur un étroit sentier avec des traces de ski de fond. Avec un soupir de soulagement, elle a suivi la piste jusqu’à la sortie.

Cette première aventure allait changer la destinée de Lisa Mintz et du site. De fait, la falaise Saint-Jacques inspire souvent un attachement profond aux gens qui la découvrent par hasard. Depuis sa première visite, la bibliothécaire a fait connaitre la forêt à des milliers de personnes et nombre d’entre elles ont rejoint son armée de bénévoles et de militant·e·s.

«À l’époque, on avait le sentiment d’être la première personne à mettre les pieds à cet endroit», raconte-t-elle.

Tweet

À une centaine de mètres à peine, pourtant, Lisa Mintz pouvait entendre le bruit provenant du chantier du nouvel échangeur Turcot, un projet d’infrastructure publique d’une valeur de quatre milliards de dollars visant à reconstruire un réseau d’autoroutes et de voies ferrées.

La création du premier échangeur, dans les années 60, avait radicalement altéré la géographie de l’escarpement. La terre excavée que les camions venaient décharger sur le talus avait accentué l’inclinaison de la pente. Le nouveau chantier risquait de changer encore une fois le visage de la falaise.

Lisa a décidé d’agir quand un grand peuplement d’arbres a été soudainement abattu.

Hurler sa colère
____

Alors qu’elle se baladait dans la forêt en 2015, Lisa Mintz a remarqué la présence de marqueurs orangés sur un grand peuplement d’arbres situé à l’extrémité ouest de l’escarpement. Alarmée, elle a appelé Peter McQueen, conseiller municipal du district de Notre-Dame-de-Grâce, le quartier qui borde la falaise au nord. (Fait intéressant, c’est sur les traces de ce fondeur passionné, l’un·e des plus fidèles utilisateur ·trice·s de la falaise, que la bibliothécaire était tombée à sa première visite.)

Après avoir entendu ses inquiétudes, l’élu lui a recommandé d’assister à une réunion de consultation publique sur le projet de l’échangeur Turcot, qui se tenait le lendemain soir. Là, on lui a affirmé que les arbres ne seraient pas abattus. Mais quand elle est retournée sur place quelques semaines plus tard, ils n’y étaient plus.

«J’étais dévastée… Je n’avais jamais rien vu d’aussi terrible, se rappelle la bibliothécaire. On m’avait menti en pleine face!»

Tweet

Le ministère des Transports du Québec (MTQ), en coupant ces 140 arbres, s’était attiré une ennemie à la langue bien pendue… «La première chose que j’ai faite, ç’a été de hurler ma colère», raconte-t-elle.

Peu de temps après, la bibliothécaire a créé le groupe Sauvons la falaise sur Facebook et fait paraitre un article d’opinion dans le Montreal Gazette, le journal anglophone local. Elle y dénonçait le MTQ et «la destruction environnementale qui se produit directement sous nos yeux».

Il se peut que l’abattage de ces 140 arbres et le développement de cette zone aient eu des conséquences encore plus graves que ne l’a cru Lisa Mintz à l’époque. En effet, un quart des arbres abattus étaient des pruniers sauvages, de l’espèce Prunus americana, ce qui, selon Katsi’tsahén:te Cross-Delisle, consultante en archéologie et représentante de la Nation Kanien’kehá:ka, indique la présence probable d’un village iroquois historique, qui y aurait été installé après la création du verger.

Le microclimat plus chaud qui règne sur les pentes exposées au sud en faisait un emplacement idéal pour un établissement humain. On trouvait aussi dans les environs des hêtres et des caryers, dont les noix étaient récoltées et conservées par les Kanien’kehá:ka. Ce peuple a été chassé de l’ile de Montréal, ou Kawenote Teiontiakon, à la fin du 17e siècle.

L’article rédigé par Lisa Mintz a suscité beaucoup d’intérêt. De 20 à 30 personnes l’ont rejointe avec des pancartes pour assister à la consultation publique suivante avec le MTQ. Leur présence a attiré l’attention d’un plus grand nombre de journalistes de différents médias.

Sauvons la falaise a trouvé de nouveaux appuis (le nombre de membres du groupe a atteint quelque 400 dans les mois et les années qui ont suivi) et réussi à maintenir la pression sur la province et la Ville. Depuis qu’elle a commencé à mener ce combat, la militante a accordé plus de 300 entrevues sur le sujet.

Les yeux et les oreilles de la forêt
____

La falaise Saint-Jacques reçoit deux types de visiteur ·euse·s: il y a ceux et celles qui en parlent, comme Lisa Mintz, et les autres, qui préfèrent garder le secret. En général, les personnes qui appartiennent à la deuxième catégorie aiment l’endroit parce qu’il s’agit d’un lieu sans surveillance où l’on peut agir librement.

Or, c’est précisément ça qui risque de changer avec son nouveau statut officiel. Pendant le premier été de la pandémie, un groupe d’adolescent·e·s a transporté sur place des sacs de ciment et construit un skateparc entre les arbres. Sur l’ancienne route de service, on a coulé les formes pour les rails et les rampes, sans recourir à aucune machinerie. Les jeunes ont aussi aménagé un coin détente avec des tables et des chaises trouvées dans la forêt.

Les bénévoles prennent soin de la falaise et en retirent régulièrement les déchets et débris.
Sculpture de l’artiste montréalais Junko.

«Les personnes que je fréquente sont toujours attirées par ce genre de lieu un peu isolé du reste du monde, où on sent un peu plus de liberté», explique l’artiste montréalais Junko.

Tweet

Il crée des sculptures semi-organiques géantes sur des terrains vagues de Montréal. «C’est peut-être que ces endroits nous donnent le temps et l’espace pour faire quelque chose qu’on ne peut pas faire quand il y a plein de monde.»

Junko a participé à l’aménagement du skateparc et, plus tard pendant l’hiver, il est retourné sur les lieux pour entreprendre la construction d’une énorme bête mécanique à partir de troncs et de pièces de voiture. La créature, qui mesure cinq mètres de haut et dix de long, ressemble à une panthère traquant sa proie: elle symbolise parfaitement le charme sauvage et l’envergure du site.

Les membres de Sauvons la falaise ont fait cause commune avec des gens comme Junko et les skateboardeur ·euse·s, même si leurs intérêts et leurs motivations ne sont pas les mêmes. L’été dernier, Lisa Mintz a cédé le contrôle de l’organisation à un nouveau comité de direction formé de trois hommes dans la soixantaine (on plaisante en disant qu’il faut trois hommes pour faire le travail d’une femme). Ils aiment tous le skateparc et la création de Junko, qu’ils ont baptisée «Falaisosaure».

«On trouve beaucoup d’oeuvres d’art le long des sentiers. C’est quelque chose qu’on encourage», explique Malcolm McRae, l’un des membres du comité de direction. 

Cet ingénieur à la retraite a d’ailleurs créé sur Google Maps une carte indiquant l’emplacement des œuvres pour que les visiteur·euse·s puissent les repérer. Sinon, il s’occupe surtout de remplir les mangeoires d’oiseaux, de ramasser les déchets et de mettre à jour le site web. En plus d’assurer une présence sur le terrain, il a dirigé plusieurs corvées de nettoyage à l’occasion desquelles jusqu’à 90 bénévoles ont sorti de la forêt plus de 400 pneus et des tas d’autres déchets.

Louise Chenevert assure un suivi de la biodiversité dans la forêt urbaine.
Malcolm McRae et Roger Jochym sont deux des principaux organisateurs de Sauvons la falaise.

Au départ, Sauvons la falaise cherchait surtout à défendre le site, mais la mission du groupe a évolué et il s’occupe de plus en plus d’assurer l’entretien de la forêt et d’en prendre soin. Malcom McRae et les autres membres du comité de direction, David Gamper et Roger Jochym, ont consacré les deux derniers étés à l’aménagement d’un sentier qui traverse la forêt d’un bout à l’autre.

Quant à Louise Chenevert, l’experte locale des arbres, elle a installé des dizaines d’affiches laminées pour identifier les essences d’arbres dignes d’intérêt et signaler la présence d’herbe à puce. Des étudiant·e·s en biologie de l’Université Concordia travaillent bénévolement à répertorier les espèces de plantes et d’insectes et à faire des tests de sol.

Les membres de Sauvons la falaise sont les yeux et les oreilles de la forêt. L’hiver, ils et elles surveillent les camions qui viennent décharger sur le talus des voyages de neige pleine de sel, dont le poids déstabilise le sol et fait tomber les arbres. À cause de ces incursions, la forêt a mis du temps à se transformer en un écosystème biodiversifié.

Mais des gens comme Louise Chenevert guettent aussi les signes de bon augure pour la falaise, comme l’apparition de la sanguinaire du Canada, ou Sanguinaria canadensis, une fleur printanière fragile  traditionnellement utilisée par les peuples autochtones pour fabriquer une encre rouge.

 

Une nouvelle lutte
____

Aujourd’hui, grâce notamment à la mobilisation des membres de Sauvons la falaise, les choses sont en train de changer. Aux quatre coins du monde, on reconnait de plus en plus les innombrables bénéfices des forêts urbaines, à savoir la réduction de la pollution atmosphérique, des températures et du crime, et l’amélioration du bienêtre général. La Ville de Montréal s’est donc intéressée au spécimen unique qui se trouve sur son territoire.

En 2020, la mairesse Valérie Plante a annoncé la création d’un parcnature de 60 hectares qui englobera la falaise et où seront aménagés des sentiers et des pistes cyclables.

Cela dit, ces transformations ne constituent que la première étape d’un projet beaucoup plus ambitieux: la falaise est l’emblème qui distinguera Montréal comme chef de file en matière d’écologie urbaine. L’objectif est d’en faire un maillon essentiel du vaste réseau de corridors de verdure qui relieront divers parcs et quartiers. Ces bandes vertes sont un élément central du plan de relance verte auquel la Ville de Montréal consacrera 1,8 milliard de dollars sur dix ans.

Malcolm McRae dévoile un plan détaillé créé par Roger Jochym pour le pont piétonnier de la dalle-parc.

À l’été 2021, Transports Québec a créé une première bande verte au pied de la falaise, le long de la voie ferrée. Quelque 2 800 arbres et plus de 60 000 arbustes et graminées ont été plantés sur une superficie de 13 hectares, doublant quasiment la taille de la forêt.

«C’est du beau travail, vraiment. Ils ont planté des espèces indigènes. On a une forêt mixte avec des arbres assez gros», reconnait Lisa Mintz, qui a même envoyé un mot de remerciement à la Ville.

Mais il y a eu des ratés. L’aménagement de la bande verte au pied de la falaise a nécessité l’assèchement d’une importante zone humide qui s’étirait sur presque toute sa longueur, ce qui l’a transformée en un fossé sec. Il ne reste plus qu’un petit étang.

Considérant que les zones humides étaient les poumons de la falaise, on peut dire qu’elle a aujourd’hui du mal à respirer.

Tweet

Si les chances sont minces que l’on arrive à restaurer ces milieux humides, Lisa Mintz et Sauvons la falaise n’abandonnent pas la partie pour autant. Leur nouveau cheval de bataille est d’obtenir la construction d’une passerelle enjambant l’autoroute et reliant le haut de la falaise au parc projeté sur des terrains vacants de l’autre côté. Québec s’était engagé à construire ce qu’on appelle la dalle-parc avant de revenir sur sa promesse.

Sauvons la falaise et de nombreux groupes locaux ont uni leurs forces et semblent sur le point d’obtenir gain de cause, même s’il existe encore des incertitudes et que des retards sont à prévoir. Les militant·e·s ont juré de ne pas baisser les bras tant que le projet ne sera pas réalisé.

La falaise est un lieu prisé pour la cueillette du sumac, qui y pousse en abondance.

Protéger la magie des lieux
____

J’ai visité la falaise Saint-Jacques pour la première fois au printemps 2021. Après avoir découvert les lieux en parcourant la carte de la ville en mode satellite (comme d’autres espaces verts négligés, la falaise apparait en gris en mode plan), j’avais décidé d’aller y faire un tour.

À l’époque, le gros du nettoyage réalisé par les membres de Sauvons la falaise n’avait pas encore été fait, et aucun arbre ou arbuste n’avait été planté dans la nouvelle bande verte adjacente à la forêt. On avait encore l’impression de pénétrer dans un lieu interdit. C’était merveilleux.

Autour de moi, tout était recouvert de vignes vierges et de vignes sauvages. Elles s’enroulaient autour des troncs et pendaient des branches en longues cordes grosses comme le bras. Le long du sentier envahi par la végétation et jonché de troncs morts, j’ai découvert ici et là des ronds de feu entourés de sièges de fortune. Et quand je suis tombé sur Locals Only, j’ai eu l’impression de mettre les pieds dans un bar tiki postapocalyptique.

Un écriteau suspendu à l’entrée du skateparc qui a été aménagé pendant le premier été de la pandémie.

Un an plus tard, tout ça a disparu. Le sentier, désormais bien entretenu, est jalonné d’écriteaux fabriqués par les trois membres du comité de direction. Les panneaux accrochés avec des bouts de ficelle par Louise Chenevert se balancent au vent.

On y respire encore le charme de la débrouillardise et du travail manuel, mais on sent que la culture de la falaise est en train de changer.

Lisa Mintz avait anticipé cette transformation. Elle essaie aujourd’hui d’imaginer la prochaine étape pour faire en sorte que cette toute nouvelle accessibilité présente plus d’avantages que d’inconvénients. «On peut être les gardiens des lieux», me dit-elle.

Elle a créé une organisation d’éducation environnementale, UrbaNature, dont les activités sont essentiellement axées sur la falaise. Les visites guidées informatives offertes toute l’année sont très populaires. Quand elle pourra obtenir davantage de fonds de la Ville, UrbaNature prévoit aussi de créer des brigades citoyennes qui auront pour mission d’arracher les espèces invasives et de les remplacer par des plantes indigènes.

Lisa Mintz éprouve quand même des craintes face à l’avenir. «Mon pire cauchemar, ce serait que la Ville décide qu’il faut tout nettoyer».

Tweet

Ses allié·e·s et elle ne voient pas d’inconvénient à ce que les nouveaux parcs que la Ville projette d’aménager à proximité soient des espaces verts traditionnels, mais tiennent à un traitement d’exception pour la falaise. «On aimerait que la falaise reste comme elle est et qu’on l’utilise seulement à des fins éducatives.»

Junko et ses ami·e·s s’inquiètent aussi des changements potentiels associés au nouveau statut de la falaise et à sa popularité récente. «On risque de perdre un peu de la magie des lieux, dit-il. La majeure partie de la ville est facilement accessible et densément peuplée. Ce qui rend cet endroit unique, c’est le fait qu’il n’est ni l’un ni l’autre.»

Nul doute que l’isolement contribue au charme de la falaise Saint-Jacques, mais il a quand même fallu qu’une communauté s’en occupe pour qu’elle devienne le lieu unique et fascinant qu’elle est aujourd’hui. Ça prend peut-être des instances publiques pour créer un parc, mais la préservation du caractère sauvage de la forêt est l’affaire des citoyen·ne·s.

Mark Mann est rédacteur en chef adjoint pour le magazine BESIDE. Ses longs reportages ont paru dans le Walrus, le Globe and Mail, Toronto Life et dans plusieurs autres publications.

 

Guillaume Simoneau est un photographe basé à Montréal. Ses clichés ont été exposés dans des galeries d’art et des musées du monde entier, et quatre monographies ont été consacrées à son œuvre, à savoir Murder (MACK, 2019), Experimental Lake (MACK, 2018), Love and War (Dani Lewis, 2013) et La commande du morse (éditions du Renard, 2013).

Partagez cet article

Ne manquez jamais un numéro

Deux numéros par année

25% de réduction sur les numéros précédents

Livraison gratuite au Canada

Infolettre

Pour recevoir les dernières nouvelles et parutions, abonnez-vous à notre infolettre.