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05. La pêche ancestrale

BESIDE x TOURISME LANAUDIÈRE

Lanaudière: entre proximité et grand air

Portrait d’une région où l’on n’est pas que de passage.

Je pousse la porte de Trécarré Microbrasserie, logée dans une demeure ancestrale de Saint-Côme.

À l’intérieur, je fais face à un décor industriel — un joli contraste qui donne le ton de ma visite dans Lanaudière. Le temps de m’assoir au bar, on m’aborde déjà, me demande d’où je viens. L’odeur familière du houblon, le fond de musique folk et la chaleur de l’endroit me font me sentir à la maison. Et c’est exactement là où je suis : à la maison, le temps d’une journée.

Chaque fois que je m’arrête sur ces terres, je m’étonne des beautés que j’y trouve, si près de Montréal. Entre l’ile des Moulins, parfaite pour un piquenique, et le magnifique mont Ouareau, la région est un véritable terrain de jeu naturel. Un lieu bâti à même ses chutes et ses forêts, habité par une communauté fière de ses richesses — qu’elle met en valeur, sans jamais les compromettre. 

Parce que oui, Lanaudière vit une période charnière de son histoire. Une période d’effervescence et de vitalité : ce jour-là, je croise beaucoup de jeunes entrepreneurs créatifs sur ma route. Ici, on peint, on chante, on cultive, on fleurit, on cuisine et on façonne les matières avec une désarmante inventivité. On travaille — et on rêve — fort. Tous veulent bâtir quelque chose d’aussi solide que ce que leur ont légué les anciens, conscients de l’abondance de ce terroir naturel, agricole et forestier. Ce n’est pas pour rien qu’ils se sont lancés en affaires dans la région. Les possibilités sont infinies, l’esprit de famille et la solidarité aussi.

J’ai pu le constater lors de mon arrêt à la brasserie : la communauté lanaudoise est tissée serré, malgré la vastitude de son territoire. On le sent dans les conversations qui l’animent, dans les liens tangibles entre ses artisans, dans l’enthousiasme généralisé pour les initiatives qui s’ajoutent à l’offre existante — que ce soit un nouveau café ou un nouveau marché public. Lanaudière s’épanouit, mais toujours la taille humaine reste.

Hybride, la région se situe au croisement de la nature, de la culture et de la communauté. Ici, je peux savourer la solitude d’une marche en forêt et le bonheur de faire des activités de plein air avec mes proches, dans la même journée. Je peux manger à la table d’un chef en sachant que si j’ai envie de champs, de rivières et d’effluves de bois, la campagne est juste à côté. Je peux écouter un concert de musique classique —incontournable Festival de Lanaudière  —, assise à l’orée des arbres.

Pas étonnant qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs, d’artisans et d’agriculteurs y fleurisse. Pas étonnant non plus que le peuple lanaudois, résolument épicurien, lui ouvre grand les bras. Les six entreprises suivantes ne sauraient mieux représenter la région… et ses attraits insoupçonnés.

 

L’Arbre et la Rivière

Les artisans potiers Geneviève Boudreault et Matthieu Huck sont aussi fous de l’art que de la nature. Au bord de la rivière Matambin, à Saint- Damien, ils ont planté leur atelier-boutique de poterie, justement baptisé L’Arbre et la Rivière. «Nature, culture et patrimoine : ces trois mots résument bien les valeurs de notre entreprise, explique Geneviève. Les traditions sont au cœur de nos recherches esthétiques et de nos pratiques; le motif de ceinture fléchée — typique de Lanaudière — que nous réalisons sur nos pièces en est un bel exemple. » Pour fabriquer sa poterie, le duo expose la terre à la chaleur du feu de bois; c’est la méthode de cuisson de l’argile la plus ancienne qui soit. La plus rare au Québec, aussi. « Les flammes et les cendres font apparaitre des textures et des couleurs uniques sur les pièces », ajoute l’artiste, qui invite toujours ses visiteurs à s’installer au bord de la rivière pour piqueniquer à l’ombre des plantes indigènes.

Kabania

Dans une cabane érigée au cœur du parc régional de la Forêt-Ouareau, Marie-Christine Tremblay dépose de nouvelles buches dans le poêle. Un rituel qui n’est pas sans rappeler le temps où l’on devait veiller au feu pour tenir la maison au chaud pendant la nuit. Dressé aux abords de la rivière Dufresne, le site d’hébergement écotouristique Kabania s’applique justement à créer des moments qui ramènent à l’essentiel. « Ce qui distingue Kabania, c’est son aspect écolo, l’ambiance de voyage qui y règne — avec les hamacs suspendus été comme hiver — et l’originalité de ses aires communes, propices à l’échange. Un élément qui fait du bien dans notre monde individualiste », fait valoir la propriétaire. À ces valeurs ancestrales se joint une mission bien de notre époque : encourager les gens à adopter des gestes verts au quotidien et à prendre soin de la nature… tout en se laissant imprégner du calme qu’elle inspire.

Qui sème récolte !

Si c’est aux Européens que l’on doit l’arrivée de la tradition cidricole au Canada, c’est à une chouette expérience de production artisanale avec des amis bretons que Qui sème récolte ! doit son intérêt pour la fabrication de cidres et de jus de pomme.À l’envie, aussi, de faire revivre le verger familial niché dans la vallée de Saint-Jean-de-Matha, reconnue comme une destination gourmande. L’entreprise — à la fois verger, cidrerie, érablière et ferme de culture de canola — fabrique les seuls cidres lanaudois, un projet qui allie audace et savoir-faire artisanal. « Nous avons relevé le défi de cultiver des pommes plus au nord, malgré les risques, indique la propriétaire, Nathalie Rainville. Risque de gel hivernal sur les racines et les branches, risque de gel printanier sur les fleurs… Notre solution ? Le choix et la variété des cultivars ! » Sur les tablettes, on trouve donc des cidres composés de variétés ancestrales ou nordiques. Et, dans le cœur des artisans qui les fabriquent, un désir viscéral d’être uniques tout en respectant leurs valeurs environnementales, qui se traduisent notam-ment par une utilisation minimale de pesticides.

Photo: Qui sème récolte!

La Source Bains Nordiques

Les vertus thérapeutiques de la nature ne sont plus à prouver : au Japon, par exemple, le « bain de forêt » fait partie du programme de santé publique depuis plusieurs décennies. À La Source Bains Nordiques, on s’immerge à la fois dans la forêt lanaudoise — les installations sont lovées dans les montagnes — et dans l’eau, pour un effet drôle-ment apaisant. Le spa favorise effectivement une communion avec deux des richesses naturelles de la région, remarque Patrice Lalancette, le directeur général. « Depuis toujours, l’une des particularités touristiques de Rawdon, ce sont ses cours d’eau, précise-t-il. Nous sommes dans la continuité avec nos bains nordiques. » À la thermothérapie traditionnelle s’ajoutent les services de massothérapie, les soins pour le corps et l’offre gastronomique, qui mise sur les artisans locaux. Pour se déconnecter du quotidien, avec le mont Pontbriand en toile de fond.

Photo: La Source Bains Nordiques

Trécarré Microbrasserie

En 2008, le village de Saint-Côme a été nommé « capitale québécoise de la chanson traditionnelle ». Non seulement la municipalité est le berceau de plusieurs groupes de « trad », mais elle a légalement désigné cette musique comme un élément important de son patrimoine en 2014 — une première au Québec. Dans la maison ancestrale au décor industriel qui abrite Trécarré Microbrasserie, on passe donc aisément des jams improvisés aux prestations de groupes professionnels. « L’entreprise porte bien son nom, souligne le copropriétaire de l’endroit, Pierre-Hugues Marsolais. À l’image de la grande équerre en bois, elle s’érige, droite, aucœur du village. Et comme le carré de forêt déboisé qu’évoque son nom, elle fait office de lieu de rassemblement pour les amateurs de bières locaux et les villégiateurs de passage », en quête d’un an‑crage momentané dans le terroir.

Photo: Justine Laurier

Arbraska

En s’envolant d’un arbre à l’autre, à la recherche d’adrénaline ou à la rencontre de ses peurs, on s’élance dans tout ce qui constitue la raison d’être d’Arbraska : le contact avec la nature, que l’on explore différemment et en hauteur, le respect de soi, des autres et de l’environnement, le dépassement et le bonheur de vivre une expérience déconcertante — que ce soit sur un parcours d’hébertisme aérien ou sur la Via Ferrata, entre randonnée et escalade. « Arbraska s’est incarnée en embrassant la culture de la région, explique Stéphane Vachon, directeur général et fondateur. Nous avons été attirés par les valeurs des gens d’ici, parleur authenticité, leur simplicité. » À l’excitation de l’aventure vient s’arrimer le calme de cette forêt dont est issue la région de Lanaudière. Un berceau fertile pour l’entreprise, qui propose aujourd’hui des parcs et des installations à travers le monde.

Photo: Arbraska

Région de Lanaudière

 

1. Arbraska
2. Kabania
3. L’Arbre et la Rivière
4. La Source Bains Nordiques
5. Qui sème récolte!
6. Trécarré Microbrasserie
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Sarah-Émilie Nault est une journaliste indépendante montréalaise, qui collabore avec divers journaux, magazines et sites consacrés aux voyages et à la culture québécoise. Elle est l’autrice du livre Caféine: lieux et artisans d’ici, publié aux éditions Parfum d’encre. Elle a égale­ment collaboré au collectif Testé et approuvé: le Québec en plus de 100 expériences extraordinaires.

Comment conservons-nous nos traditions?

Cet article est paru dans le numéro 06 de BESIDE.

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