Le pêcheur qui fait mouche

La meilleure prise de Fred Campbell, c’est d’avoir officialisé son amour pour la pêche avec Hooké.

Texte Daviel Lazure Vieira Photos Hooké

C’est par hasard que Fred Campbell est devenu un émissaire de la pêche à la mouche. Un jour qu’il pêchait le saumon avec sa gang de chums sur le bord d’une rivière, il a eu envie de filmer ce bon moment. La vidéo est devenue virale, et il a alors compris que l’expérience valait la peine d’être répétée. Fred se cramponne à sa caméra depuis 17 ans. Filmer, c’est pour lui une seconde nature et une passion. Après avoir monté Fokus, sa boite de production, il a souhaité poursuivre ses aventures en filmant ses parties de pêche à travers le Québec, le Canada, les États-Unis et ailleurs. Hooké, sa dernière initiative, est née de l’envie de partager sa curiosité pour le monde de la pêche avec le grand public, en célébrant le mode de vie durable et l’éthique des moucheurs. Fidèle à cette prémisse, la marque est déjà à la barre d’un blog et d’une populaire émission de télé.

Parmi les objectifs premiers de Hooké, il y a le désir de faire connaitre la pêche à la mouche, mais aussi de sensibiliser la population à la fragilité des écosystèmes et à la nécessité de se tourner vers une pêche durable. Le groupe travaille de près avec divers organismes du milieu de la pêche afin de préserver les ressources. C’est pourquoi la remise à l’eau et le respect de la faune sont essentiels lors des sorties. «Un cours d’eau est un milieu fragile, et si chacun se propose de prendre cinq truites ou trois saumons, on va vite épuiser nos milieux naturels, explique Campbell. En remettant le poisson à l’eau, on s’assure que tout le monde peut en profiter plus longtemps, et que nos enfants auront le même plaisir que nous à essayer la pêche à la mouche.»

Le sérieux dont fait preuve Hooké a permis de gagner la confiance de pêcheurs plus expérimentés. L’entreprise fait ainsi un pont entre les générations en donnant une voix à des pêcheurs de 60, 70 ou 80 ans qui participent aux expéditions et mettent leurs connaissances au service de la relève. «Ces gens-là sont extraordinaires et m’inspirent énormément. Ils transportent la riche histoire de la pêche à la mouche, et j’apprends avec eux à quel point il est important de faire ce qu’on aime dans la vie et de suivre ses passions.» Le plus incroyable, selon lui, c’est l’ouverture d’esprit de propriétaires de fly shops plus âgés, qui partagent son enthousiasme pour la pêche durable, même s’ils ont grandi en tuant leur propre poisson. «Leur appui, c’est comme une approbation des chefs. Sans eux, on ne pourrait pas faire ce qu’on fait, surtout à long terme.»

Des projets d’avenir? Il n’en a pas. S’il y a bien une chose qu’on comprend vite quand on commence à pêcher, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de patience, mais aussi de profiter de ce qui fait la richesse du rituel: apprécier pour ce qu’ils sont ces instants contemplatifs, mais éphémères, sans chercher davantage. «Pour une fois dans ma vie, je laisse les choses aller. Chaque matin, j’aime me rappeler pourquoi je fais ça : pour me faire du fun et respecter mes propres valeurs.» Fred n’était peut-être pas un spécialiste au départ, mais comme il aime lui-même le rappeler, dans le monde de la pêche, il suffit d’un simple bermuda pour pouvoir s’en tirer.

Fred Campbell au FESTIVAL BESIDE

Conférence «La pêche réinventée» - 15 juin

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Cet article a été publié dans le numéro 01.

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