Petit guide pour grand bonheur en randonnée et en camping

Quatre Besiders partagent des conseils pour faire grimper l’indice de plaisir et éviter les mésaventures en plein air.

Texte—Léa Beauchesne
Photos—Content Content

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La nature peut parfois nous apprendre à la dure. Remplir son sac de randonnée comme si on partait en weekend au chalet, perdre de vue ses enfants vêtu·e·s de vert forêt, tenter d’allumer un feu avec un briquet mouillé, manger du gruau froid toute une fin de semaine. Heureusement pour nous, plusieurs passionné·e·s de plein air ont déjà battu le chemin de nos erreurs potentielles. Pour un séjour dans le bonheur et l’allégresse (ou presque), quatre connaisseur·euse·s partagent avec nous leurs trucs et astuces. Que ce soit pour apprendre à préparer notre sac pour une longue randonnée, à oser l’aventure en famille, à se débrouiller avec cinq objets essentiels ou à créer un menu gourmand en camping, ces savoir-faire nous feront dire: «C’est bon à savoir.»

 

Préparer son sac pour une longue randonnée
avec Sophie P.-Voyer

«Je suis vraiment geek!» Sophie chasse les grammes d’équipement en trop avec autant d’entrain qu’elle avale les kilomètres en montagne. Entre deux séances de création de papier à son atelier à Montréal, la marcheuse invétérée nous offre une flopée de conseils pour remplir le mieux (et le moins) possible notre sac à dos afin de nous lancer à l’assaut des plus hauts sommets.

À chaque randonnée son équipement. D’une aventure à l’autre, chaque lieu, chaque durée et chaque saison impliquent son lot de facteurs à prendre en compte. Vous y allez d’une randonnée en été au Québec? N’oubliez pas de trimbaler crème solaire et chasse-moustique.

Sac léger, marcheur·euse comblé·e. Règle générale: plus votre sac est gros, plus vous le remplirez. Choisissez un sac à dos d’une grandeur optimale, sans trop ambitionner — oui, oui, on sait que vous bourrez votre valise jusqu’à ce qu’elle explose.

Dans les petits pots, les meilleurs onguents. Il en va de même pour tous vos contenants, ne vous laissez pas emporter: que ce soit pour du café ou de la crème solaire, transférez la quantité nécessaire dans un plus petit récipient.

Nul besoin d’apporter le contenu d’un walk-in. Et les vêtements? Sophie vous dira d’apporter un seul chandail chaud. Pour le reste, «qu’on parte pour trois jours ou trois semaines, c’est deux kits de vêtements». Un t-shirt pour le jour, un pour la nuit, une paire de bas pour le jour, une pour la nuit… et ainsi de suite. Oui, on les lave au besoin, mais nul besoin de trainer une poche de bas sales.

«Ne paquetez pas vos peurs!» En cas de doute, voici son meilleur conseil. Une phrase toute simple qui répond très bien à tous les «au cas où» qui ont la fâcheuse tendance d’alourdir nos sacs.

 

Pluie, pas pluie, le pèlerinage n’est pas fini. Briquet, sac de couchage, vêtements pour la nuit… toutes ces merveilles doivent demeurer au sec à tout prix, sous peine de vous faire passer un très mauvais moment en nature. Optez pour des sacs (au sec ou de compression) qui vous permettront de protéger vos précieux des intempéries.

Diviser et ranger pour mieux régner. Sophie aime regrouper ses objets par catégories — nourriture, dodo, sécurité — dans de petits sacs. Elle souligne également l’importance de déposer les plus lourds tout au fond et de les ranger en ordre d’utilisation. Par exemple, on mettra d’abord l’ensemble de cuisine et le sac de couchage. On garde les essentiels comme la crème solaire ou les collations dans les pochettes les plus accessibles.

 

Dans la série «C’est bon à savoir», retrouvez Sophie et ses conseils pour préparer votre sac pour une longue randonnée. 

Plein air agréable en famille: réussir l’impossible 
avec Jamillah Jean

Très fière de ses deux adeptes de plein air, Jamillah aime raconter que son fils a gravi l’Acropole des Draveurs alors qu’il n’avait que quatre ans et que son ainée de 11 ans guide souvent d’autres jeunes. Fondatrice de Hike Mtl, Jamillah veut transmettre sa passion du plein air à ses enfants, mais aussi leur offrir des modèles auxquels chacun·e peut s’identifier. Elle organise donc des sorties en nature qui misent sur l’inclusion des personnes autochtones, noires et de couleur. Ses quelques trucs vous donneront peut-être le courage nécessaire pour oser vous aussi l’aventure en famille.

La fierté des responsabilités. En camping ou en randonnée, les enfants apprécieront les petites marques de confiance. «Par exemple, dès que vous arrivez au camping, donnez-leur des tâches bien précises, comme d’aider au montage de la tente.» Ou encore, montrez-leur comment interpréter le balisage du sentier et laissez-les prendre les devants.

Chacun·e son sac. Jamillah laisse aussi aux enfants le soin de porter leur propre sac à dos qui contient, entre autres, une bonne quantité d’eau, des collations et une couche de vêtements supplémentaires. Autonomes, les enfants n’en seront que plus heureux·euses, tout comme vous qui porterez un sac moins lourd.

Des vêtements adaptés. Jamillah conseille de privilégier les vêtements confortables et colorés qui seront faciles à repérer, même à plusieurs mètres de distance. Et mieux vaut prévoir différentes couches pour faire face aux variations météo.

La motivation en mots et en collations. Restez positif·ve·s, soulignez les petites et grandes réussites. En plus du soutien verbal, Jamillah croit aussi au pouvoir des collations festives qui stimulent le courage. Des dates et des amandes, c’est bien, mais Jamillah aime que les sorties en forêt aient un petit côté unique. Les biscuits aux pépites de chocolat pourraient aider à motiver les troupes!

Un pas à la fois. S’il s’agit de votre première fois en nature avec les tout-petits, commencez par une courte aventure tout près de la maison. Enchainez avec une randonnée d’une ou deux heures avec un léger dénivelé. Au gré des sorties, vos enfants arriveront à enfiler les kilomètres et vous surprendront par leur résilience. Si vous êtes en panne d’inspiration de sentiers à explorer, Jamillah vous conseille la plateforme Rando Québec.

 

Dans la série «C’est bon à savoir», retrouvez Jamillah et ses conseils pour faire du plein air avec les enfants.

Cinq objets, cinq «C»: les essentiels de l’aventure en forêt 
avec Alexis Pageau

Parce qu’il faut bien commencer par la base… Et qui de mieux pour nous l’apprendre qu’un passionné des grands espaces qui disparait en forêt les deux tiers du temps? Le photographe, vidéaste d’aventure Alexis nous explique les cinq catégories d’objets qu’on devrait toujours trimbaler en forêt, que ce soit pour une randonnée de trois heures ou pour une expédition de trois semaines.

  1. Combustible. Qui dit combustible dit, bien entendu, feu. En plus d’être une source de chaleur indispensable, celui-ci permettra de remonter le moral des troupes. Notre explorateur vous conseille de garder un briquet dans votre sac, mais aussi un système d’allumage qui performe dans toutes les conditions, comme des allumettes hydrofuges rangées dans un contenant imperméable.
  1. Couverture. Quand le ciel menace de nous tomber sur la tête, mieux vaut avoir quelque chose pour se couvrir: une bâche! Alexis recommande d’en avoir toujours une à portée de main. La grandeur de celle-ci variera en fonction de votre aventure, mais pourra servir d’abri (ne serait-ce que pour cuisiner vos hotdogs au sec), de couverture ou même de réceptacle pour amasser l’eau de pluie.
  1. Couteau. Oubliez votre couteau d’office, on parle ici d’un outil portatif qui pourra accomplir toutes les tâches qu’on exigera de lui: couper du bois d’allumage, délier votre cordage, cuisiner, construire un abri ou même fabriquer un piège.
  1. Contenant. Il est impératif d’apporter une grande quantité d’eau lors de toutes vos sorties en nature. Vous pensez avoir besoin d’un litre d’eau? Apportez-en deux! Choisissez un contenant qui correspond à vos besoins. La bouteille de métal légère est une option intéressante puisqu’elle est résistante et permet de faire bouillir votre précieux liquide directement sur le feu pour vous assurer qu’il soit potable, si l’eau venait à manquer et que vous n’aviez aucune façon de traiter celle que vous puiserez à même une rivière.
  1. Corde. Celle que préfère Alexis est la paracorde, particulièrement polyvalente et résistante pour son calibre. En plus de l’utiliser pour tendre la bâche protectrice dès qu’il arrive à son campement, il s’en sert comme corde à linge, comme lacet de secours ou même comme ligne de pêche en en détachant quelques brins.

Dans la série «C’est bon à savoir», retrouvez Alexis et ses conseils pour camper avec les cinq items essentiels à vos aventures.

Repas royal en pleine nature: cuisiner les saveurs locales 
avec Elisabeth Cardin

En pleine forêt, l’autrice et cueilleuse Elisabeth Cardin (L’érable et la perdrix et Le temps des récoltes) concocte des plats qui semblent tout droit sortis de la cuisine d’un restaurant gastronomique. Elle nous donne quelques trucs qu’elle a développés au fil des années, tantôt par sa passion pour la botanique, tantôt au contact de ses collègues chef·fe·s.

Local et délicieux. Avant de visiter une région, informez-vous sur les producteur·trice·s locaux·ales, les spécialités du terroir et les légumes disponibles à cette période de l’année. Laissez-vous inspirer par le maïs de Neuville en aout ou par le homard de la Gaspésie en juin. Ces cadeaux de la nature seront faciles à trouver tout au long de votre périple.

Comme dans sa cuisine. «Il y a des gens qui sont gênés de se faire à manger comme s’ils étaient à la maison.» Elle ne vous conseille pas nécessairement d’apporter votre mandoline, mais plutôt une planche à découper, un bon couteau, une huile du Québec, un vinaigre et des aromates. Sa préférée est d’ailleurs l’angélique, qu’on peut même cultiver chez soi ou trouver auprès de producteur·trice·s locaux·ales.

Délicieuses mauvaises herbes. «J’ai appris à reconnaitre les mauvaises herbes pendant ma formation en botanique. À un moment donné, j’ai réalisé qu’on jetait en fait plein de nourriture!» Pour sa recette du jour, Elisabeth s’est simplement arrêtée sur la route pour y cueillir des plantes comestibles… et accessibles. Son panier de cueillette est bien rempli: marguerites, achillées millefeuilles, vesces jargeaux, mourons des oiseaux… toutes des plantes qui donneront un gout unique à son plat (pour celles et ceux qui se demandent ce qu’il goutait: «Ça ne s’explique pas, il faut y gouter!»). De magnifiques références existent pour s’initier ou s’intéresser à la cueillette, comme le livre Forêt de Gourmet Sauvage ou le balado d’Elisabeth, Manger le territoire.

 

Dans la série «C’est bon à savoir», retrouvez Elisabeth et ses conseils pour cuisiner local en camping.

Depuis plus de 20 ans, Atmosphere a pour mission d’amener les amateur·rice·s de grands espaces à découvrir le potentiel du territoire québécois dans toute sa splendeur. L’entreprise offre ainsi des produits soigneusement sélectionnés pour permettre aux adeptes de tous niveaux de profiter du meilleur du plein air, en toute quiétude et sans réserve. Car chaque moment passé en nature devrait être magique, peu importe les conditions.

 

Léa Beauchesne préfère les fuites et les grands espaces aux murs et au bitume. Journaliste et créatrice, elle aime jouer avec les images et les mots pour créer des moments hors du temps où l’humain et la nature se rencontrent. Elle n’aime pas s’en faire, sauf pour son environnement. Vous la trouverez le plus souvent possible en montagne, au bout d’une corde d’escalade, sur son vélo ou ses skis, entourée de trop de chiens et d’un seul humain de préférence.

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