Conversation avec la journaliste culturelle Jenna Wortham

Illustration—Niti Marcelle Mueth

Jenna Wortham, réputée journaliste  au New York Times et créatrice de balados, est surtout connue pour la qualité de ses chroniques culturelles et technologiques ainsi que pour l’importante anthologie Black Futures, parue en 2020, dont elle a codirigé la publication avec Kimberly Drew. En tant que personne queer noire, Jenna Wortham est aussi reconnue comme étant une travailleuse sociale dévouée, profondément engagée dans le mouvement de libération de sa communauté.

Dans le nouveau numéro Nos transformations, qui soulignera le cinquième anniversaire de BESIDE, l’autrice établie à Toronto Tendisai Cromwell s’entretient avec Jenna Wortham au sujet de méthodes de guérison comme l’herboristerie, le jardinage, la thérapie par le son et le reiki employées dans un esprit de communauté et de justice. Voici quelques extraits de leur conversation.  

Se guérir soi-même et guérir sa communauté
Je suis persuadée que nous méritons tous et toutes de guérir, et que nous devrions pouvoir le faire dans les conditions que nous avons nous-mêmes fixées. Les remèdes dont nous avons besoin sont déjà en nous : il nous faut simplement les trouver. C’est une chose de prendre soin de soi, mais j’ai découvert avec le temps que mon bienêtre n’a aucun sens sans celui des membres de mon entourage.

Reconnaitre notre interconnexion
L’un des derniers films que j’ai vus avant le confinement était Fantastic Fungi. Il raconte que les champignons et les arbres sont reliés entre eux par une sorte de réseau souterrain; ils sont capables de communiquer. Cette propriété a vraiment à voir avec la collaboration et l’absence de concurrence — avec le fait d’être, essentiellement, une communauté. Ce modèle nous amène à réfléchir à notre interconnexion, même si nous avons l’impression de vivre des vies séparées, individuelles. C’est quelque chose que la pandémie a révélé et continue de révéler : les liens étroits qui nous unissent en tant qu’habitant·e·s de cette planète.

Découvrir le pouvoir de guérison des plantes
Ma mère avait fait un potager dans la cour de mon enfance et j’y passais beaucoup de temps. J’ai donc eu très tôt les mains dans la terre. Je ressentais une profonde connexion avec la nature; je trouvais qu’il était particulièrement stimulant de voir pousser des légumes et de les manger ensuite au souper — même si je garde de très mauvais souvenirs des insectes du jardin en train de se tortiller dans mon bol de salade. Quand j’étais petite, je ne trouvais pas ça beau du tout, mais c’est vrai qu’aujourd’hui, je suis ravie de trouver une petite chenille dans les légumes verts que j’achète au marché fermier… Je m’estime heureuse d’avoir compris très tôt qu’un plat avec beaucoup d’ail et d’ognon peut être un remède, et que, parfois, les choses les plus simples sont aussi les meilleures.

Apprivoiser la lenteur en temps de pandémie
J’ai beaucoup appris sur moi pendant l’année qui vient de s’écouler. J’ai appris que mon rythme de vie n’était pas viable. Je ne comprenais pas que j’étais la seule à pouvoir faire les changements nécessaires. Au début de la pandémie, ma vie s’est accélérée au lieu de ralentir. Je n’avais pas d’énergie pour prendre soin de moi. Je ne pouvais pas m’occuper de mon couple. Ma compagne, qui me voyait me détruire à force de refuser de ralentir, était extrêmement inquiète. Il me semble que c’était vers la fin de l’été. Depuis, j’ai réussi à établir des frontières plus saines entre mon travail et moi-même. Je pense que j’ai surtout réalisé qu’un surplus d’énergie me permet d’être plus présente pour mes ami·e·s.

Pour lire l’intégralité de la conversation entre Jenna et Tendisai, rendez-vous à la boutique BESIDE et commandez votre exemplaire en ligne de Nos transformations, publié à l’occasion du cinquième anniversaire du magazine.

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