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Lanaudière: entre proximité et grand air

Portrait d’une région où l’on n’est pas que de passage.

Retour vers le futur

Un oiseau rare

La tradition comme un amour secret

Danser avec les moutons

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Kroy

C’est dans la douce lumière de l’aube que s’est déroulé le dernier Canot-Concert de la saison, en compagnie de l’énigmatique KROY. Avec sa musique hypnotisante, l’artiste montréalaise — qui fait…

Société Duvetnor

Épisode 03 – Souvenirs de famille

Les Pionniers

05. La pêche ancestrale

Dossier

Across the Salty Roads

Un périple à la voile «sur le pouce» à travers les iles du Pacifique Sud, en quête d’histoires et d’initiatives de communautés locales pour contrer les effets des changements climatiques.

L’art de naviguer «sur le pouce»

Depuis les Marquises

Les Marquises comptent deux marinas principales à partir desquelles vous pouvez tenter de vous joindre à un équipage : celle de l’ile la plus importante, Nuku Hiva, située dans l’archipel nord; et celle de Hiva Oa, la deuxième plus grande ile, où vont s’ancrer les bateaux qui traversent l’archipel sud. J’ai affiché une annonce à Nuku Hiva et j’ai reçu quelques offres, mais c’était quelques semaines seulement après mon départ, alors ça ne m’a pas vraiment été utile. Les sites web comme Findacrew ou Crewbay ne fonctionnent pas très bien dans les Marquises puisque le réseau internet y est lent et peu accessible.

La meilleure option qui s’offrait à moi était tout simplement de parler à tous les capitaines que je croiserais dans la marina. Comme la plupart des voiliers ne s’arrêtent que le temps d’une escale pendant leur traversée vers l’ouest (contrairement à d’autres régions de la Polynésie française où plusieurs bateaux jettent l’ancre pour toute une saison, voire plus longtemps encore), on peut facilement trouver des embarcations avec assez d’espace pour accueillir au moins un autre membre d’équipage. Emily, qui était avec moi sur le catamaran qui m’a mené du Panama jusqu’aux Marquises, a réussi à dénicher un boulot bien payé sur un yacht Oyster de 50 pieds en partance pour la Nouvelle-Zélande. Sur des embarcations luxueuses du genre, les salaires varient entre 1000 $ US et 3000 $ US/mois par équipage.

Quant à moi, j’ai finalement trouvé un « lift » vers Tahuata après avoir discuté avec un capitaine italien, qui m’a informé que deux Canadiens se promenaient au village à la recherche d’un nouveau membre d’équipage. C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Robin et Fiona, que je me suis empressé de convaincre qu’un enthousiaste canadien-français pourrait certainement les divertir durant cette difficile traversée vers les iles Tuamotu.

La traversée

Traversée vers les Tuamotus

Il y a quelques semaines, je me suis réveillé un matin pluvieux. J’avais déjà passé 2 jours à bord du petit Dufour 35 de Robin Urquhart et Fiona McGlynn, un magnifique couple de la Colombie-Britannique. Notre périple de 5 jours en direction des Tuamotu s’apprêtait à nous faire découvrir un des plus beaux coins sur Terre. Contrairement aux iles escarpées des Marquises, les Tuamotus sont faites d’atolls plats, bordés de plages de sable et de lagons. On a tout de suite mis le cap sur Fakarava, une des meilleures destinations pour plonger avec les requins…

La commune de Fakarava: une réserve de biosphère UNESCO

La plage pourpre de Fakarava, un lagon de 1112 km carrés encerclé de plus de 150 km de littoral, accueille des milliers de requins et des centaines de milliers de poissons.

Les sanctuaires naturels que la Polynésie française a mis en place en 2006 pour protéger les requins gris de récif contre la pêche et l’amputation des ailerons ont porté fruit. Ils sont près de 900 aujourd’hui dans la réserve de Fakarava. Mais cette densité de requins, la plus grande que la région n’ait jamais enregistrée, nécessite aussi des stocks de poisson décuplés afin de nourrir ces requins. Et il devient de plus en plus probant que sans l’application de mesures de conservation favorisant la reproduction des poissons, notamment du mérou, les lois de protection des requins ne suffiront pas à maintenir cet impressionnant réservoir naturel…

L’arrivée

Traversée vers Tahiti

«En quittant Fakarava, je suis embarqué sur un cargo : seul voyageur parmi 16 passagers. Ce fut le début d’un étrange périple de deux jours sur le Cobia. Le bateau était sale et tout sauf confortable, mais les travailleurs étaient sympathiques. Ce n’est pas le transport le plus écoresponsable, mais c’est de cette manière que les insulaires s’approvisionnent en nourriture et en huile. J’ai rejoint Tahiti un peu plus fatigué que je l’aurais souhaité, mais heureux des rencontres faites en chemin avec les locaux.»

Arrivée Tahiti

Quand je suis arrivé à Tahiti, c’était la fin du deuxième mois du voyage, donc à peu près le tiers du projet. Il y a un moment où il faut que tu te demandes si c’est vraiment possible de faire du pouce dans le Sud Pacifique tout en faisant un documentaire. C’est à ce moment-là que j’ai enfin été capable de me dire “Ça fonctionne, on va se rendre jusqu’au bout!”

To hear more about Guillaume’s arrival in Tahiti, listen to the conversation we recorded with him right as he landed:

Randonnée à Tahiti

Guillaume Beaudoin a pris une petite pause des “Salty Roads” pour aller faire une randonnée de deux jours dans les hauteurs des sommets sauvages de Tahiti, et réfléchir à la suite de son aventure.

L’art de naviguer « sur le pouce » : Tahiti et Mo’orea

Autour du 21 juin, les équipages ayant navigué ensemble à partir du Panama ou du Mexique se réunissent à Tahiti pour faire la fête pendant quatre jours. Tout le monde est invité à se rendre à l’ile de Mo’orea à la voile. Certains bateaux peuvent accueillir jusqu’à 7 ou 8 passagers, ce qui donne lieu à une petite régate bien sympathique. L’évènement se poursuit sur Mo’orea pendant deux jours au cours desquels se succèdent baignade, concours de canoë, spectacles pyrotechniques et soirées bien arrosées (dans l’ordre ou dans le désordre). Inutile de dire que c’est l’occasion idéale de trouver de nouveaux coéquipiers potentiels pour poursuivre votre périple vers les iles de la Société ou au large de la Polynésie française.

Profil

Tahiti et les iles Tuamotu: Éden scientifique

Par Samia Madwar

Pour un peu plus de 9 millions de dollars américains, vous pouvez acheter l’atoll de Taiaro, une bande de terre en forme d’anneau qui s’est formée au-dessus d’un ancien volcan englouti par le Pacifique Sud. Taiaro est l’une des sept iles de l’archipel des Tuamotus constituant la Réserve de la biosphère de la commune de Fakarava, un territoire protégé par l’UNESCO. Cette zone est assujettie à un programme visant à préserver celle-ci des dommages causés par l’activité et le développement humains ainsi que par les espèces envahissantes – des facteurs ayant contribué aux taux d’extinction élevés observés en Polynésie française. Toutefois, malgré leur désignation en tant que patrimoine mondial de l’UNESCO, les iles demeurent à la merci de l’arrivée d’espèces étrangères. L’atoll de Taiaro est en effet une « destination idéale pour l’écotourisme de luxe », si l’on se fie à des sites comme bluewateryachting.com.

Bien que le tourisme soit devenu une industrie de premier plan en Polynésie française, l’attrait de la région va bien au-delà de son potentiel commercial. Celle-ci fascine depuis longtemps les scientifiques de tout acabit. Charles Darwin y a d’ailleurs fait escale en 1835 lors de son expédition à bord du Beagle. Aujourd’hui, la région continue à attirer les chercheurs : l’ile de Mo’orea – petite voisine de Tahiti –, abrite la station Gump de l’Université de Berkeley ainsi que le Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (CRIOBE) de France. Dans le cadre d’une récente collaboration intitulée « projet Biocode », les scientifiques des deux centres de recherche ont recueilli des spécimens et en ont effectué le séquençage afin d’étudier la biodiversité de l’ile. Les résultats de cette étude devraient permettre aux chercheurs de mieux comprendre l’impact de perturbations telles que l’arrivée massive d’espèces envahissantes sur l’ile. S’ajoutent à cela des initiatives écologiques locales comme Pa’e Pa’e No Te Ora, une organisation basée à Tahiti qui sensibilise les jeunes à l’environnement et qui coordonne notamment des opérations de nettoyage des rives. L’organisme Mata Tohora encourage quant à lui les voyagistes et leurs clients à adopter des pratiques écoresponsables lors de leurs activités d’observation des dauphins et des baleines.

Après le tourisme, la production de perles noires est l’un des piliers majeurs de l’économie de la région. Or, au cours des dernières années, la surproduction et les méthodes d’élevage non durables ont beaucoup nui à la production, et certaines entreprises cherchent à renverser la vapeur en adoptant des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Parmi celles-ci figure Kamoka Pearl, qui – en plus de s’alimenter à l’énergie éolienne et solaire et d’utiliser des installations sanitaires biodégradables – a mis sur pied des processus visant à éliminer les pratiques néfastes pour l’environnement. Par exemple, plutôt que de prélever les coquilles des moules d’eau douce pour la culture des perles de semences, Kamoka Pearl utilise la nacre de ses propres huitres, réduisant ainsi les dommages causés aux populations de moules. Au lieu d’avoir recours au lavage sous pression afin de débarrasser leurs huitres des organismes indésirables qui auraient pu s’y accrocher, ils font aussi appel à une méthode moins nocive consistant à disposer les huitres dans les lagunes où les poissons se chargeront de les nettoyer tout naturellement – leur permettant du même coup d’exploiter la riche biodiversité si unique à cette région.

Initiative

Dans l’oeil de la baleine

Par Samia Madwar

Chaque été, les baleines à bosse migrent vers les eaux plus chaudes pour se reproduire. Or, ces dernières décennies, leurs aires d’estivage sont devenues de plus en plus achalandées, bruyantes et dangereuses. Le bourdonnement des moteurs envahit l’air comme les cours d’eau, et les bateaux de touristes pleins à craquer s’approchent toujours plus près des baleines et autres cétacés, au grand détriment de ceux-ci.

La biologiste marine Agnès Benet étudie le comportement des cétacés depuis des années. Elle a notamment établi des façons de déceler et de prévenir les signes de détresse chez les baleines et les dauphins. En 2012, en collaboration avec la Direction de l’environnement de la Polynésie française (DIREN), elle a mis sur pied un programme judicieusement intitulé C’est assez, visant à sensibiliser la population aux enjeux liés à la protection des mammifères marins. Deux ans après sa création, le programme a été repris par l’association Mata Tohora (dont le nom signifie littéralement « l’œil de la baleine » en tahitien), dont le mandat est d’éduquer les voyagistes et leurs clients quant aux pratiques responsables d’observation des baleines et des dauphins. L’organisation a récemment commencé à décerner un sceau de certification spécial aux voyagistes respectueux de l’environnement. Parmi leurs autres initiatives figure la Journée de la baleine, au cours de laquelle 200 jeunes défavorisés sont invités à aller observer les baleines et les dauphins afin d’apprendre à mieux connaitre les espèces marines qui les entourent. Mata Tohora a aussi instauré un protocole à suivre afin de sauver les cétacés qui s’échouent sur les rives. Mais d’abord et avant tout, la mission de Mata Tohora consiste à rappeler leur statut aux touristes qui visitent le Pacifique Sud : alors que ces derniers ne sont que de passage, les mammifères marins qui y reviennent chaque année sont ici chez eux.

 

Durant son séjour à Tahiti et dans les iles Tuamotus, Guillaume a passé du temps de qualité en compagnie de dauphins, de baleines et de requins, grâce à des locaux qui ont su lui apprendre comment les filmers et nager à leurs côtés avec le plus grand respect. Il en a aussi profité pour rencontrer Agnes Benet, fondatrice de Mata Tohora (voir l’initiative ci-dessus), afin qu’elle lui raconte comment elle a aidé à créer la toute première protection légale des baleines dans la région, une réussite lui ayant valu le célèbre titre d’”avocate des baleines”.