Sam Raetz

L’authentique beauté de la nature sauvage.

Photos—Sam Raetz

Sam Raetz est un photographe indépendant qui vit au Nebraska. Il travaille sur des projets commerciaux et éditoriaux portant sur un éventail de sujets, de l’élevage de bétail dans l’ouest des États-Unis au Tour de France. De ses clichés émanent une profondeur de sens qui transcende le simple geste de prendre une photo.

D’où est né ton intérêt pour la photo?

Un peu avant mes 18 ans, je suis allé chasser le canard le long de la rivière Platte, dans l’ouest du Nebraska, avec mon frère et mon chien. À la fin de la journée, nous sommes allés voir un ami de longue date de mon père, Lester, qui nous a montré des albums datant des années 70 et 80. Nous nous sommes extasiés devant les coupes de cheveux et les moustaches rigolotes, les vêtements au motif camouflage rétro et les portraits de chiens de chasse morts depuis longtemps. Lester n’est pas un homme particulièrement sentimental, mais il était clair que ces vieilles photos suscitaient beaucoup d’émotions chez lui. Je me suis rendu compte que je voulais avoir des albums que je pourrais feuilleter plus tard. Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des photos.

Lester n’est pas un homme particulièrement sentimental, mais il était clair que ces vieilles photos suscitaient beaucoup d’émotions chez lui. Je me suis rendu compte que je voulais avoir des albums que je pourrais feuilleter plus tard. Et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des photos.

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Quelle photo ou quel photographe t’a le plus influencé?

Plusieurs photographes m’ont inspiré: Joe Pugliese, Jered Gruber, Chris Douglas, Robert Capa, Estevan Oriol, Travis Gillett, Corey Arnold, Andre Wagner.

Qu’est-ce que tu aimes le plus du Nebraska?

La beauté du territoire. Et l’authenticité des gens qui y vivent.

Que cherches-tu à capter chez les sujets que tu choisis?

J’essaie de les dépeindre de la façon la plus authentique possible.

Y a-t-il une histoire ou un lieu qui t’a particulièrement marqué?

L’an dernier, je suis allé en Californie photographier, pour le compte de Stetson, le premier orchestre de mariachis américain entièrement féminin en nomination pour un Grammy. On devait prendre des photos à plusieurs endroits et les 12 membres du groupe, qui s’appelle Mariachi Reyna de Los Angeles, devaient se changer à trois reprises. La liste de prises de vue était donc assez longue et on a mis des mois à tout planifier. Malgré tout, je me suis senti intimidé quand les musiciennes sont entrées dans le studio avec leurs habits traditionnels de mariachis. Heureusement, ce sentiment s’est vite estompé et nous avons passé deux journées formidables. Une fois le projet bouclé, on est allés fêter dans un restaurant-bar où l’orchestre joue souvent. On a enchainé les tournées de shooters de tequila. Après le sixième, mes souvenirs sont un peu flous… C’est assurément l’une des missions où j’ai eu énormément de plaisir.

Qu’aimerais-tu communiquer aux gens qui regardent tes photos?

Quand je travaille, je pense surtout au sujet et au client. Je suis satisfait si le client aime ma série de photos et quand le sujet a l’impression que celles-ci dépeignent bien sa personnalité. Si d’autres personnes s’intéressent à mes photos, qu’elles trouvent qu’elles dégagent quelque chose de puissant, d’unique ou créent une émotion, c’est du bonus.

Sur quoi travailles-tu en ce moment?

À cause du coronavirus, tous les projets commerciaux sont suspendus jusqu’à nouvel ordre. Même les contrats que je devais faire à la fin juillet sont compromis. En ce moment, je travaille surtout pour de petites entreprises locales. J’ai aussi quelques projets personnels qui tournent autour du sport auxquels j’essaie de donner vie.

Je suis satisfait si le client aime ma série de photos et quand le sujet a l’impression que celles-ci dépeignent bien sa personnalité.

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Y a-t-il une cause dont tu aimerais nous parler ? Une organisation qui te tient particulièrement à cœur?

Ici au Nebraska, je suis impliqué auprès d’une organisation sans but lucratif qui s’appelle RISE. Sa mission a pour but d’aider les personnes ayant passé du temps en prison à briser le cycle de l’incarcération en leur donnant les outils nécessaires pour se remettre sur pied. Les divers programmes de RISE — les formations de préparation à l’emploi et les campagnes de sensibilisation communautaires, par exemple — ont permis de faire diminuer le taux de récidive. Les États-Unis sont le premier pays au monde en termes de nombre d’incarcérations et le Nebraska arrive au deuxième rang des États américains ayant le système carcéral le plus surpeuplé.

Nomme trois comptes Instagram qui t’inspirent.

1- @Photodre — Andre Wagner: Andre est né à Omaha et vit aujourd’hui à Brooklyn. Fidèle à l’argentique, il pratique surtout la photographie de rue à Brooklyn, à Manhattan et dans le Bronx. C’est vraiment un type cool.

2- @PariDukovic — Pari Dukovic: Pari pratique un type très technique de photo commerciale. Il a une longue liste de clients et il est très doué pour les portraits.

3- @JeredGruber — Jered Gruber: À mon avis, Jered est sans aucun doute le meilleur photographe de cyclisme au monde. D’après ce que j’ai pu comprendre, il vient de la Géorgie, mais il vit en Europe pendant la saison cycliste. Le vélo, c’est sa vie. Je l’ai croisé à plusieurs reprises pendant le Tour de France de l’an dernier. Couvrir cette épreuve a sans contredit été la mission la plus difficile que j’ai eu à accomplir jusqu’à maintenant. Il y a beaucoup, beaucoup de «temps morts». Un bon photographe de cyclisme sait profiter de ces moments et voir ce qu’il y a d’intéressant à immortaliser. Jered a définitivement l’œil pour ce genre de chose.

 

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