Choisir le silence

Dans une série de lettres visant à marquer la nouvelle année, nous avons demandé à certain·e·s de nos collaborateur·rice·s de répondre à la question suivante: quel est l’opposé du burnout pour toi? Ici, la photographe de Québec Alma Kismic — qui signe la magnifique couverture de notre numéro 11 — nous raconte comment elle a (re)découvert les vertus du silence.

Le silence, ou l’absence de bruit, peut être aussi libérateur qu’oppressant, selon notre façon de l’appréhender.

Les deux dernières années ont été révélatrices de plusieurs lacunes dans mon mode de vie. Elles m’ont forcée à voir autrement quelques attitudes qui m’accompagnaient depuis le début de l’âge adulte: la quête de perfection, la peur de la solitude, le désir de performance, le besoin de stimulation constante et la fameuse «fear of missing out».

J’ai réalisé l’importance de me questionner sur ce que j’aime vraiment, de m’entourer de gens optimistes et, surtout, de trouver ce qui me fait du bien. Reconnecter avec l’essentiel a fait une grande différence dans mon quotidien, mon humeur et mon énergie. Voici donc la courte liste de ce qui m’a permis de grandir et de m’adapter à ces deux années de pandémie. Toujours en lien avec le silence, et ma façon nouvelle de le choisir, de l’apprécier, de le vivre — que je sois seule ou accompagnée.

Les couchers de soleil. C’est indescriptible, le sentiment de plénitude que m’apportent les couchers de soleil, et ce, peu importe l’endroit ou les circonstances. Prendre le temps d’observer les couleurs captivantes dans le ciel… C’est un peu comme regarder un peintre dessiner une toile devant soi. Jamais ce ne sera identique.

La forêt. C’est le lieu qui me donne le plus d’énergie et qui me rend le plus heureuse, en toute saison. Chaque sortie y est différente et l’environnement, toujours changeant. L’été, je campe; l’automne, je marche au milieu des couleurs vives; l’hiver, je pratique des sports de glisse. M’oxygéner le cerveau me permet de faire ressortir le positif de ce nouveau quotidien. La forêt me ramène aussi à des souvenirs d’enfance: aux petites marches dans le bois avec mes parents et mon frère — souvent pour nous rendre à la rivière où nous pêchions toute la journée — et aux séances de cueillette de champignons avec mon père.

La découverte. Ne pouvant pas voyager trop loin de la maison à cause de la pandémie, j’en ai profité pour parcourir la splendeur du territoire québécois. À maintes reprises, j’ai eu la chance de prendre la route, seule. Sans itinéraire précis, j’ai visité une foule de petits villages où j’ai fait de belles rencontres et découvert différentes façons de vivre et de ralentir. Si c’est la photo qui m’a poussée à le faire en premier lieu, aujourd’hui je n’ai plus besoin de raison pour partir.

Les changements des dernières années m’ont amenée à apprivoiser l’absence de bruit qui fait peur, à être attentive à ce qui se passe autour de moi, à gouter ce que la nature m’offre et à passer du bon temps avec mes proches.

Chaque moment est devenu plus significatif — et, pour le vivre, rien de mieux que le silence.

Renouer avec les sons du silence

Un mini-guide par Gabrielle Anctil

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