Pendant qu’il pleut dehors, avec Sarah-Maude Beauchesne

Illustration—Florence Rivest

Sarah-Maude Beauchesne est une autrice, actrice et scénariste prolifique de nature casanière. Elle s’inspire de son adolescence, de ses grandes amitiés et de ses romances houleuses pour écrire des textes empreints de sensibilité. À l’aube de ses trente ans, Sarah-Maude a déjà publié deux recueils de nouvelles, trois romans jeunesse et la série pour ados L’Académie. Elle interprète aussi son propre rôle dans l’adaptation web de son blogue littéraire Les Fourchettes, dont la deuxième saison est maintenant disponible sur tou.tv. 

Elle répond au Questionnaire BESIDE par temps pluvieux, de son appartement qu’elle décrit affectueusement comme son «nid de matante».

Ton plus beau souvenir d’enfance en nature.
Je faisais de la gymnastique avec deux sœurs qui avaient des parents artistes. Ils vivaient dans le bois, en mode simplicité volontaire. L’été, on jouait à la cachette, perchées dans les pommiers, on se baignait dans un étang rempli de ouaouarons, on se faisait des masques à la glaise. Tout était à l’opposé de ma petite vie propre. Je revenais de là toute crottée, épuisée, mais avec plein de nouvelles connaissances et des peurs en moins.

La connaissance ou le savoir-faire que tu aimerais acquérir.
Notre rêve, à ma sœur et moi, c’est de planter des vignes et de faire du vin à notre image; effervescent, complexe, mais plein de légèreté. J’aimerais apprendre à comprendre et à travailler les vignes avec elle. On serait bonnes.

Ton écart climatique.
J’ai dit adieu aux tampons avec une coupe menstruelle (fierté!), mais je m’achète du maquillage et des petits pots de crème comme si ça ne venait pas dans du gros plastique pas fin.

L’endroit qui te rend le plus heureuse.
Le parc national du Bic. Je tripe vraiment sur les phoques, ils me font pleurer.

Ce que la nature évoque pour toi, en un mot.
Puissance.

Un documentaire que tout le monde devrait voir.
The True Cost, un documentaire qui dénonce l’effet destructeur du fast fashion à travers le monde de manière réaliste (et pas alarmiste). Depuis mon visionnement, j’essaie de mieux consommer, de laisser tomber mes mauvaises habitudes d’achat et de boycotter des chaines comme Zara, H&M et Forever 21. Je viens aussi de me clencher le documentaire en quatre parties sur Hillary Clinton. Les femmes badass m’inspirent, je veux toutes les connaitre.

Un.e photographe ou un.e artiste visuel.le qui t’inspire.
L’œil de Guillaume Simoneau me crisse à terre (sorry si j’ai sacré). Sinon, Cass Bird est une photographe de génie, je voudrais être elle.

Un projet qui t’occupe en ce moment.
J’écris un roman sur l’émancipation sexuelle à l’adolescence, de quoi de caniculaire qui se passe au bord d’un lac secret.

L’ingrédient essentiel pour bâtir un avenir durable.
L’humilité face à la nature et à notre planète. Elle est plus forte que nous, il faut arrêter d’essayer d’être plus wise qu’elle ou de la dominer.

Ton talent secret au chalet ou en camping.
Chialer.

Si c’était à refaire, vivrais-tu ta quarantaine en ville ou à la campagne?
Avant le début de cette crise je pensais que l’idéal serait de vivre ma quarantaine loin de la ville, dans un endroit vaste où j’aurais pu calmer mon anxiété avec de l’air frais et de beaux conifères. Mais maintenant que je suis en plein dedans, ce qui me fait du bien, c’est d’être entourée. L’important pour moi, en ce moment, c’est de me lever le matin avec mon amie et ma sœur, avec lesquelles je cohabite présentement pour qu’on ne soit jamais complètement seules. Meilleur move, peu importe où je me trouve, que ce soit en ville ou à la campagne.

Et pour terminer, bois-tu assez d’eau?
Pas assez d’eau, trop de vin rouge (léger).

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